Histoire

Statut de St Martin de Tours

St Martin : le soldat chrétien

St Martin est né vers 316 après J.C à Sabaria (aujourd’hui Szombathély en Hongrie). Fils d’un tribun romain, il suit par obligation les traces de son père et s’engage à 15 ans dans les légions romaines. En 334, à l’âge de 19 ans, le soldat Martin se fait baptiser à Amiens. C’est semble-t-il à cette époque, que l’épisode célèbre du partage de son manteau avec un pauvre se déroule. Puis durant 25 ans, il parcourt « l’Europe » (empire gallo-romain) de garnison en garnison. Mais l’attrait de la vie religieuse sera le plus fort.

La formation

En 356, il quitte la légion et se retire à Poitiers auprès de l’évêque Hilaire, père de l’Église et principal adversaire de l’arianisme en occident. Pendant l’exil de St Hilaire, St Martin regagne sa Pannonie natale et convertit sa mère, puis repart pour « l’Italie » en Yliricum, près de Milan. Pendant ces quatre années, St Martin doit se cacher et vivre en ermite.

En 361, le retour de St Hilaire comme évêque de Poitiers, permet à St Martin de retrouver son maître. Il s’installe à Ligugé et fonde le premier monastère de gaule. Il s’instruit auprès de St Hilaire jusqu’en 371.

Le moine – évêque

Le 4 juillet 371, il est élu évêque de Tours et jusqu’en 397 date de sa mort, il assume pleinement sa charge apostolique.

– Il fonde des monastères, des paroisses comme celles de Langeais, Amboise, Candes, etc …
– Il participe aux conciles (assemblée régulière d’évêques et de théologiens)

Durant cette période, ils doit résister aux différents administrateurs romains de la Gaule (Valentinien II, Maxime, etc…) pour poursuivre sa mission évangélisation.

Puis il choisit de vivre en moine et il s’établit à Marmoutier qui signifie grand monastère avec 80 disciples.

Il s’éteint à Candes le 8 novembre 397 et il est inhumé à Tours le 11 novembre

Son oeuvre

St Martin est donc le fondateur des premiers monastères de contemplatifs (moines) mais aussi épiscopaux (prêtres).

Il est aussi à l’origine des séminaires, pépinières d’abbés et d’évêques.

Il a, dans son mandat apostolique, prêché en Auvergne, en Berry, Saintonge, la vallée du Rhône.

Par l’exemplarité de sa vie, il va imposer la notion de sainteté en Occident.

La figure de St Martin a été popularisée par son disciple Sulpice Sévère et plus tard par les récits légendaires de Grégoire de Tours (538-594)

Le haut Moyen-Age

Vers 495, l’évêque Volusien bâtit la seconde église consacrée à Saint Jean-Baptiste.

Au VIème siècle de nouveaux ermites comme Alaric et Léobardus s’installent à Marmoutier et c’est sans doute au VIIème siècle que l’oratoire de Notre Dame fut fondé.

Le 8 novembre 853, les Normands pillent, incendient et détruisent l’abbaye. 126 moines sont massacrés et les 24 survivants sont recueillis par la Collégiale de Saint-Martin de Tours. Il faut attendre 892 pour que le roi Eudes Ier relèvent les bâtiments de ses ruines et on fait appel aux moines de l’abbaye de Cluny.

Dès lors, Marmoutier devient l’abbaye pilote de l’ouest ; elle prend en charge la réforme des grandes abbayes et multiplie les acquisitions, et crée un empire monastique couvrant le nord-ouest de la France.

Très révélateur de son prestige, Guillaume le Conquérant ayant fondé l’abbaye de la Bataille (en Angleterre après la victoire d’Hasting 1066) fait appel aux moines de Marmoutier. C’est lui et son épouse Mathilde qui financent la construction du dortoir et du réfectoire de Marmoutier.

En 1096, le pape Urbain II consacre l’immense église construite en remplacement de celle de 980.

Le Moyen-Age

Au XIIème siècle, Marmoutier reste « le plus religieux des monastères de France » et assurément l’un des plus riches. Les travaux se succèdent :

  • officines et nouvelle enceinte (1104-1124) ;
  • chapelle des malades vers 1150, consacrée par le pape Alexandre III ;
  • cloître de l’infirmerie, cuisine et chapelle de l’abbé vers 1190.

Au XIIIème siècle, les travaux se poursuivent grâce à l’abbé Hugues des Roches (1210-1227). C’est à cette époque que sont construits :

  • le portail de la crosse, encore présent aujourd’hui ;
  • le portail de la Mitre ;
  • la grange de Marmoutier (et celle de Meslay) ;

Notre abbé entreprend la reconstruction de l’église, la façade et les quatre premières travées.

La nef sera achevée par Geoffroy de Conan (1236-1262), le chœur entre 1283 et 1312 et le porche au début du XIVème siècle (1312-1320).

Simon le Maye (1330-1352) termine cette phase de grands travaux par la construction de l’enceinte et du manoir de Rougemont.

Décadence du XIVème au XVIIème siècle

L’abbaye traverse une longue période difficile :

  • La guerre de Cent ans, l’usurpation des biens, la pratique de la commende (abbés nommés uniquement pour toucher des revenus) et la dégradation de l’observance touchent gravement Marmoutier.
  • En 1569, les Huguenots pillent l’abbaye et saccagent l’église.

Le sursaut du XVIIème à la Révolution

Un sursaut permet de sauver Marmoutier ; en application des décisions du Concile de Trente et après de nombreuses résistances, l’abbaye est rattachée à la Congrégation de Saint-Maur en 1629 tout en gardant ses abbés commendataires jusqu’en 1739.

Durant cette période, les Mauristes engagent des travaux spectaculaires dans l’abbaye :

  • jardins établis en terrasses à flanc de coteau (1651-1705)
  • bâtiment du Chapitre (1661-1678)
  • bâtiment des officiers (1678-1684)
  • portail Sainte Radegonde (1719)
  • infirmerie (1726-1736)
  • maison abbatiale (1736)
  • escalier Lenot
  • restauration de l’église (1789)

La fin de l’abbaye

Au moment de la Révolution française, les moines sont dispersés, les mobiliers sont vendus et l’abbaye est transformée en hôpital militaire pour les armées de l’ouest. elle accueillera jusqu’à 4000 malades et blessés.

En 1798 le domaine est vendu et jusqu’en 1819, la majeure partie des bâtiments est détruite.

Congrégation du Sacré-Coeur

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Madeleine-Sophie Barat

L’institution Marmoutier est sous la tutelle de la congrégation du Sacré-Coeur, ce qui signifie que les chefs d’établissement et tous les adultes (enseignants ou non) s’engagent, chacun à sa mesure, à y organiser la vie dans l’esprit de la fondatrice.
Cette congrégation a été fondée à Amiens en 1800 par Sainte Madeleine- Sophie Barat. Celle-ci naquit en 1779 à Joigny où son père pratiquait le métier de vigneron et de tonnelier. Grâce à un concours de circonstances assez exceptionnelles, et malgré la Révolution française, Madeleine-Sophie reçut une instruction très poussée pour l’époque.

Vers sa vingtième année, alors qu’elle se sentait une vocation pour le carmel, elle accepta de se consacrer à l’éducation de la jeunesse, et fonda dans ce but une société religieuse. Cette congrégation grandit assez vite en France et hors de France, et Madeleine-Sophie dut accepter d’en devenir supérieure générale dès 1806. En 1818, une de ses premières collaboratrices partait au-delà des mers et avec quelques soeurs, implantait la société du Sacré-cœur en Louisiane. Dès lors, le développement fut rapide et important, et malgré des crises sérieuses, la congrégation s’est répandue dans toutes les parties du monde, du vivant même de la fondatrice.

Madeleine-Sophie mourut en 1865 dans la maison mère qu’elle avait fait construire elle-même à Paris, boulevard des Invalides (ce bâtiment, dont les religieuses du Sacré-cœur ont été expulsées au début du siècle, est l’actuel lycée Victor-Duruy).

La congregation

La société du Sacré-cœur compte aujourd’hui plus de trois mille cinq cents religieuses, réparties en trente-cinq provinces. Son œuvre principale est l’éducation de la jeunesse et elle anime un grand nombre d’écoles de tous genres, maternelles, primaires, établissements classiques ou techniques, écoles normales, universités, etc. La supérieure générale qui est actuellement sœur Clare Pratt, Américaine, réside à Rome. Elle gouverne en équipe avec quatre autres religieuses. En France, on compte deux cent cinquante religieuses réparties en une trentaine de communautés. Depuis le concile, et les récents chapitres généraux, l’apostolat des religieuses du Sacré-cœur s’est diversifié (catéchèse en paroisse, œuvres sociales, aumônerie en lycée, formation permanente, alphabétisation, etc.) tout en restant spécialement centré sur l’éducation au sens large. Sainte Madeleine-Sophie Barat, qui a été canonisée en 1925, était animée d’un grand amour pour les enfants : elle avait coutume de dire : “Pour une seule âme d’enfant, j’aurais fondé la société du Sacré-cœur”.

Elle a voulu pour sa congrégation un mode de vie où la contemplation, qui tient une grande place, est le moteur de l’activité ; et elle a proposé à ses religieuses une spiritualité centrée sur l’amour du Christ symbolisé par son cœur et sur l’annonce à tous de la bonne nouvelle que Dieu nous aime et que Jésus est sauveur.

* Une biographie passionnante écrite pour tous ceux qui souhaitent mieux connaître la fondatrice de l’Institution Marmoutier..

Le site de la congregation