A travers l’Histoire

Le haut Moyen-Age

Vers 495, l’évêque Volusien bâtit la seconde église consacrée à Saint Jean-Baptiste.

Au VIème siècle de nouveaux ermites comme Alaric et Léobardus s’installent à Marmoutier et c’est sans doute au VIIème siècle que l’oratoire de Notre Dame fut fondé.

Le 8 novembre 853, les Normands pillent et incendient l’abbaye. 126 moines sont massacrés et les 24 survivants sont recueillis par la Collégiale de Saint-Martin de Tours. Il faut attendre 892 pour que le roi Eudes Ier relève les bâtiments de ses ruines. On fait appel aux moines de l’abbaye de Cluny.

Dès lors, Marmoutier devient l’abbaye pilote de l’ouest ; elle prend en charge la réforme des grandes abbayes, multiplie les acquisitions, et crée un empire monastique couvrant le nord-ouest de la France.

Très révélateur de son prestige, Guillaume le Conquérant ayant fondé l’abbaye de la Bataille (en Angleterre après la victoire d’Hasting 1066) fait appel aux moines de Marmoutier. Avec son épouse Mathilde, il finance la construction du dortoir et du réfectoire de Marmoutier.

En 1096, le pape Urbain II consacre l’immense église construite en remplacement de celle de 980.

 

 

Le Moyen-Age

Au XIIème siècle, Marmoutier reste « le plus religieux des monastères de France » et assurément l’un des plus riches. Les travaux se succèdent :

  • officines et nouvelle enceinte (1104-1124) ;
  • chapelle des malades vers 1150, consacrée par le pape Alexandre III ;
  • cloître de l’infirmerie, cuisine et chapelle de l’abbé vers 1190.

Au XIIIème siècle, les travaux se poursuivent grâce à l’abbé Hugues des Roches (1210-1227). C’est à cette époque que sont construits :

  • le portail de la crosse, encore présent aujourd’hui ;
  • le portail de la Mitre ;
  • la grange de Marmoutier (et celle de Meslay) ;

Notre abbé entreprend la reconstruction de l’église, la façade et les quatre premières travées.

La nef sera achevée par Geoffroy de Conan (1236-1262), le chœur entre 1283 et 1312 et le porche au début du XIVème siècle (1312-1320).

Simon le Maye (1330-1352) termine cette phase de grands travaux par la construction de l’enceinte et du manoir de Rougemont.

 

Décadence du XIVème au XVIIème siècle

L’abbaye traverse une longue période difficile :

  • La guerre de Cent ans, l’usurpation des biens, la pratique de la commende (abbés nommés uniquement pour toucher des revenus) et la dégradation de l’observance touchent gravement Marmoutier.
  • En 1569, les Huguenots pillent l’abbaye et saccagent l’église.

Le sursaut du XVIIème à la Révolution

Un sursaut permet de sauver Marmoutier ; en application des décisions du Concile de Trente , l’abbaye est rattachée à la Congrégation de Saint-Maur en 1629 tout en gardant ses abbés commendataires jusqu’en 1739.

Durant cette période, les Mauristes engagent des travaux spectaculaires dans l’abbaye :

  • jardins établis en terrasses à flanc de coteau (1651-1705)
  • bâtiment du Chapitre (1661-1678)
  • bâtiment des officiers (1678-1684)
  • portail Sainte Radegonde (1719)
  • infirmerie (1726-1736)
  • maison abbatiale (1736)
  • escalier Lenot
  • restauration de l’église (1789)

La fin de l’abbaye

Au moment de la Révolution française, les moines sont dispersés, le mobilier est vendu et l’abbaye est transformée en hôpital militaire pour les armées de l’ouest. Elle accueillera jusqu’à 4000 malades et blessés.

En 1798 le domaine est vendu et jusqu’en 1819, la majeure partie des bâtiments est détruite.

En 1847, Madeleine-Sophie acquiert le site de Marmoutier qui est dans un état déplorable. Les sœurs défrichent, restaurent, consolident et construisent : la nouvelle chapelle , aux vitraux remarquables , est consacrée en 1856, et le bâtiment du pensionnat Saint-Michel s’achève en en 1869.

Chassées en 1905, les religieuses reviennent en 1920.

Durant la Grande Guerre, Marmoutier est de nouveau un hôpital militaire de 1914 à 1917, dans les bâtiments du pensionnat des Dames du Sacré-Cœur, (Hôpital militaire auxiliaire n°1 de la 9ème région militaire), comme en témoignent les inscriptions de l’escalier menant à l’oratoire.

En 1940, Marmoutier est réquisitionné par les Allemands.

Les dernière décennies ont vu un développement notable des différentes unités pédagogiques, avec l’ouverture d’un Lycée technologique en 1968, la création d’un BTS Analyses de Biologie Médicale en 1984, l’ouverture d’un Lycée général en 1988, la construction de six laboratoire en 1997 , des bâtiment Saint Martin en 2009 pour le Lycée et Saint François en 2014.